Chantage à la sextape à Saint-Étienne : Perdriau exclut de démissionner, selon son avocat

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Après plus de trois heures de garde à vue, le maire de Saint-Étienne est sorti libre et veut poursuivre son mandat.

Le maire LR de Saint-Etienne et président de la métropole stéphanoise Gaël Perdriau a affiché ce jeudi 15 septembre sa «détermination» à rester en fonction malgré l’affaire de chantage à la sextape qui secoue sa ville et éclabousse son image depuis trois semaines. Il exclut de se mettre en retrait ou de démissionner, a déclaré son avocat à l’AFP jeudi.

Il n’a «en aucun cas prévu de se mettre en retrait de ses fonctions», comme le demandent plusieurs élus locaux ou nationaux de son camp et des acteurs économiques locaux: et «rien ne justifierait sur le plan juridique qu’il démissionne», a déclaré à l’AFP Me Christophe Ingrain. «Gaël Perdriau est au travail à la ville comme à la métropole sur l’ensemble des dossiers, au service des deux collectivités et des habitants, avec la même détermination», indique par ailleurs un communiqué de son cabinet.

Le maire est sorti de garde à vue

«Il est ressorti libre de trois heures trente de garde à vue sans aucune mesure prise par la justice à son encontre», a souligné son avocat en qualifiant de «navrantes» les nombreuses réactions hostiles chez les Républicains et en critiquant la procédure d’exclusion lancée par LR.

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Gaël Perdriau a assisté jeudi à une réunion avec les 20 vice-présidents de la métropole au cours de laquelle l’affaire a été évoquée. «J’ai abordé la question et j’ai donné ma version des faits (…) Que ce soit à la ville ou à la métropole, je suis à la tête de mes responsabilités et je les assume», a-t-il déclaré à l’issue de ces échanges avant de s’éclipser.

L’élu de 50 ans a été placé en garde à vue mardi à Lyon dans le cadre d’investigations sur le tournage et l’usage d’une vidéo tournée en janvier 2015 dans laquelle on voit Gilles Artigues, son ex-premier adjoint et ex-député connu pour son engagement catholique, se faire masser par un homme dans une chambre d’hôtel à Paris. L’objectif était de neutraliser politiquement ce centriste.

«Ni le maire ni moi-même ne sommes les commanditaires de cette vidéo», a affirmé mercredi son directeur de cabinet dans un entretien à la chaîne de télévision locale TL7 en se disant «serein par rapport à la suite des événements».

Une information judiciaire ouverte

L’affaire a éclaté fin août quand le site d’information Mediapart a publié les confessions détaillées d’un ancien proche de l’équipe municipale sur un «barbouzage de mœurs» organisé selon lui à la demande du maire et de ses proches. Le tournage de la vidéo compromettante a selon lui été rétribué via des prestations fictives facturées à deux associations culturelles locales subventionnées par la mairie.

Le parquet de Lyon a ouvert une information judiciaire pour «atteinte à l’intimité de la vie privée, chantage aggravé, soustraction de bien public par une personne chargée d’une fonction publique, abus de confiance et recel de ces infractions» après une plainte de Gilles Artigues. Les trois juges d’instruction en charge du dossier ont commencé à entendre tous les protagonistes de cette affaire, le plaignant, le dénonciateur, le maire, son directeur de cabinet, l’adjoint à l’éducation et quatre responsables des associations culturelles pour le volet financier de l’affaire.

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La semaine dernière, la diffusion par Mediapart d’enregistrements audio accablants a marqué l’hallali. On entend le maire parler de la sex-tape avec son premier adjoint, évoquer une diffusion «en petit cercle, avec parcimonie» dans une conversation enregistrée en juillet 2018, selon Mediapart.

«Une fois que c’est sur les réseaux, ce n’est plus du chantage, c’est une exécution», dit-il dans un autre enregistrement datant de novembre 2017 selon Mediapart. Le maire lui, assure n’avoir pas commandité cette vidéo, ne l’avoir jamais vue et ne l’avoir jamais utilisée pour un chantage politique.

Des manifestations pour réclamer sa démission

Les 20 vice-présidents de la métropole se sont réunis jeudi après-midi en comité restreint pour entendre ses explications et savoir comment il compte gérer cette collectivité de 53 communes et ses quelque 400.000 habitants, selon les informations recueillies par l’AFP sur place. Mercredi, plus d’une centaine de personnes ont manifesté devant l’Hôtel de ville sous une pluie battante pour demander sa démission et celle de son équipe municipale.

La CGT des personnels communaux a lancé jeudi matin un appel à la grève au sein du service cadre de vie (propreté et entretien des espaces verts). Évoquant «l’autoritarisme du maire» et un «contexte délétère», la CGT demande «un moratoire sur toutes les décisions administratives concernant le personnel mises en place par l’équipe» de Gaël Perdriau depuis son élection en 2014.

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